Le Château Romanin

Il y a des endroits qu’on aime d’amour petit.

Et qu’on aime pour d’autres raisons plus grand.

Les alpilles c’est ça pour moi. Lieu d’escapades, de promenades, de couchers de soleil.

Et puis maintenant c’est devenu mon petit paradis du vin.


Aujourd’hui visite du Château Romanin.

Et pour rentrer très vite dans le sujet (ce qui n’est pas une habitude que j’ai), je ne sais pas trop ce que j’en ai pensé. C’est maintenant le troisième domaine viticole des alpilles où je vais et c’est évidemment le plus impressionnant. On est à flanc de falaise, des ruines de château tout près, un chai cathédrale creusé dans la roche.

Une belle claque visuelle. On pousse l’énorme porte en bois massif, l’accueil est immense, on arrive au comptoir, l’accueil est parfait.

C’est la schizophrénie des alpilles, des petits villages, des grandes villa de célébrités, des forets magnifiques, des vignobles à perte de vue, des ruines antiques, des restos hors de prix.

Romanin a clairement choisi son camp. Les mots noblesse, élégance, classe sont dits, ils sont compris.

Une grosse cinquantaine d’hectares, des cuves en inox à la pointe, un chai qu’on compare à une cathédrale. C’est joli, c’est imposant. Est ce que c’est bon?

Le « chai d’oeuvre »

Alors oui. Oui évidemment. Mais en un sens c’est presque le minimum vu les ambitions, les prix et les démonstrations. Le problème c’est que j’ai tellement peur que tout ça ne soit que de l’apparence qu’il fallait que le contenu soit bien plus qu’à la hauteur.

Pourtant il y a plein de choses intéressantes. On est en biodynamie, on vendange à la main, les millésimes et leurs caractères sont respectés. Des prises de positions fortes qui me parlent et qui semblent loin de la superficialité que peut dégager le reste du vignoble provençal.

Et dans le verre y a une évidence, c’est digeste. C’est peut être con à dire mais ce que c’est agréable … Pas de lourdeur, une vivacité dans tout ce qu’on a pu boire, une acidité toujours présente, parfois très belle. Clairement, de ce que je comprends de la vinification et de ce que je ressens, je doute qu’il y ai énormément de souffre, on sent le respect du raisin qu’on ne camoufle pas.

Chose que j’apprécie beaucoup on a pu déguster plusieurs millésimes de la même cuvée.

2011, 2013, 2014 pour le Château en rouge avec les souvenirs des printemps pluvieux, des vendanges difficiles ou des étés parfaits. Très agréable de toucher du doigt les différences, la structure qui reste la même, la façon dont ce vin vieillit. Le 2013 est une bonne claque (la seule en terme de vin de la journée) des notes épicées parfaitement dosées avec ce qu’il faut de fraîcheur. Là où le 2011 se confiturait un peu. Joliment mais on perdait en fraîcheur. Très intéressant ce Château rouge. Me reste la barrière du prix. Pour plus de 25 euros on paie l’endroit, le luxe, Drucker. Ou c’est moi qui fait un blocage. Je ne sais pas.

La Chapelle 2017, gamme en dessous du Château ne m’a laissé aucun souvenir. Facile à boire oui, peu de nuance, encore cet aspect épicé mais plus discret. C’est glouglou oui mais rien de marquant

J’aime les blancs des Alpilles, je les aime sans réfléchir, j’aime le nez de Rolle, j’aime leurs minéralités, leurs fins acides parfois agrumes. Le Château blanc de Romanin ne fait pas exception. Un bon moment mais qui ne lutte pas avec leurs voisins si j’y réfléchis deux secondes. Pas de surprises, on est en terrain connu

Et le rosé sans fulgurance, plus charnu que ce à quoi je m’attendais. Moins facile que le blanc ou la Chapelle rouge, ça détonne enfin un peu, je le remarque, mais ça ne me parle vraiment pas. A tester autour d’un repas.


En résumé le lieu est sublime, le chai tout autant.

Mais j’aurai sans doute préféré me perdre le long des crêtes à la recherche des chèvres sauvages. Ou retourner au domaine Milan (on en reparlera, oui, oui)

A garder en souvenir, voir même à recommander le Château rouge 2013 et l’Huile d’olive verte. Et la visite, qui vaut le coup bien sur mais qui est loin de l’authenticité que je recherche.

Je continuerai à fouiller les Alpilles.

Mon carnet

En début d’année j’ai essayé de prendre l’habitude de noter ce que je buvais sur un carnet.

Dans le but de faire une « cave mémorielle ». De garder tout ça en souvenir, de « progresser » dans l’art de la dégustation.

Bon. C’est l’idée de ce blog en plus prise de tête quoi.

Je l’ai abandonné quelques semaines, un peu oublié alors que je me prenais moins la tête avec le vin, que je vivais plus le truc. Je peux maintenant me plonger dedans avec un regard un peu étranger et un petit sourire au coin des lèvres.

Un grand sourire même. Plein de bonnes quilles ce carnet! Vraiment. Y a eu des bouteilles incroyables, des soirées folles. Beaucoup de découvertes.

D’une numéro 3 de Castelmaure, vin démonstratif de ce qui se fait dans les Corbières et dans les vins du sud de manière générale. Une grosse présence, du bois, de la vanille. Beaucoup de chaleur, un peu de lourdeur peut être.

A un magnum de Mauzac de Plageoles tout en légèreté. Des bulles qui passent le disque, qui dansent dans le verre. Où on pourrait en boire des litres.

Magnifiques derniers mois pour ce qui est de la boisson. J’espère que les suivants seront au niveau. Je n’en doute pas vraiment à vrai dire

Du vin Grec

Il y a maintenant presque un an j’ai eu l’immense chance de passer une semaine à Santorin. Une semaine à grimper les 600 marches jusqu’à Oia, à rêver devant les petits villages aux coupoles bleues, à farnienter sur une plage de galets noirs.

Une semaine à boire beaucoup aussi. Premières vraies vacances d’adulte, premières fois à profiter de tout les privilèges qui vont avec. Un verre de vin en permanence à la main.

J’étais pas encore pleinement à fond dans le vin, j’écrivais pas encore dans un petit carnet mon regard sur une bouteille, je m’indignais pas encore du gout du soufre, je pensais pas encore faire un blog bizarre.

Du vin au cubi alors, du rosé trop frais, du rouge un peu acide. Le verre où on paye la vue plus que le contenu. Mais qu’importe? Du vin grec, élevé au soleil des murs blancs. Un petit gout de folie, d’envie


Depuis je cours à la recherche de ce sentiment. Forcément il vient des vacances, du dépaysement, de l’ailleurs.

Mais pourquoi pas le chercher dans le vin?

Ça fait donc deux fois que je vais voir les amis avec qui je suis parti, une bouteille de vin grec à la main.

Un blanc, un rouge. Trouvé dans une adresse géniale qui a ouvert il n’y a pas si longtemps dans ma petite ville

Le Buste et L’oreille

Offre très bien pensée de vin bio/biodynamique et de vin nature

Et quelques vins étrangers. Dont ce vins grec rouge dont je parlais brièvement ici:

Premiers Mots

Moschomavro 2017

Si j’en crois leur page sur ce site Thomas Ligas s’est installé dans le nord de la Grèce au pied du mont Paiko en 1988. Depuis le domaine, de 7 hectares, expérimente, passe en bio et dans une logique évolution se tourne vers le vin naturel.

Et le résultat est bluffant. Ce Muscat Noir est une vraie surprise.

Je pense que ce qui a tant saisi mon amie c’est cette fraîcheur, cette évidence en bouche. Très classique pour l’amateur de vin nature mais quelle claque quand on est habitué au souffre. Encore plus dans cette bouteille. Ca pourrait être du jus de fruit, avec plus de présence. Fruits rouges. Pas une note, pas un truc qu’un œnologue irait chercher très loin dans un verre qui sent le copeaux de bois. Non non. Tout en évidence.

Peut être trop. On est loin du vin discret. Ça s’assume, ça pourrait presque faire artificiel comme saveur si ça ne se buvait pas si facilement.

Première fois que je tombe sur un vin qui est aussi affirmé dans des notes d’habitudes associées à de la finesse. Dans l’alccol, dans le bois, dans le tanin on est habitué. Ici vraiment l’impression d’un jus aux fruits rouges

Très surprenant. Belle claque.

Envie de fouiller, de goûter d’autre Moschomavro afin de comprendre quelle part viens du vigneron et celle du cépage.

Un appel à des nouvelles choses. Un blog, un nouveau verre, un nouveau voyage.

Ha ça donne envie!

Premiers mots

Envies

J’ai raté la période des blogs de peu. Problème de génération, directement plongé dans les réseaux sociaux, sans jamais m’y épanouir pleinement, sans jamais pouvoir réellement y poser des mots. C’était le terrain de jeu de mes amis, c’était donc le mien.

J’ai toujours écrit, du journal intime de l’ado à une envie de roman mort né. Ecrit sur tout, un peu, sur rien, le plus souvent. Evidemment.

Jamais sur internet donc, pas à ma place sur Twitter, trop tard pour les skyblogs…

Pas l’envie qui manque pourtant.


Et puis ce 18 Mai j’ai offert une bouteille de vin à une amie. Pour fêter son anniversaire, pour fêter le début de notre été. On l’a bu à 4, avec deux autres amis.

Un très bon rouge, grec, on y reviendra, acheté chez un très bon caviste. On reviendra sur tout ça. Promis

Le plus important c’est le regard de mon amie qui a changé à la première gorgée. Ça pétillait, ça rayonnait. C’était magnifique.

« Je pensais que tout les vins rouges se ressemblaient moi, c’est quoi ça? »

C’était un vin nature.

J’ai eu l’immense chance de faire cette découverte il y a quelques mois, d’en apprendre un peu plus, de m’éclater un peu plus chaque jours, un verre à la main. Un verre au contenu de plus en plus vivant, de plus en plus surprenant.

Et c’est enivrant. Juste cette envie de découvrir ce monde gustatif que je ne connaissais pas, cette poésie des sens que je n’imaginais pas.


Alors forcément j’ai envie d’en parler.

J’ai envie de fouiller ce regard en moi.

J’ai envie de revoir ce regard

Ce blog devrait aider.

Intentions

Donc un blog. En 2019. D’ici deux ans je crée un compte Myspace…

Un blog pour parler de vin. Je pense. Un peu de bouffe aussi. J’imagine. Et de l’art en général. Pourquoi pas?

Remarquez avec quelle discrétion je viens de glisser que je considérais le vin et la gastronomie comme de l’art. C’est l’idée. Tout ça dans une vision transversale, sans trop se poser trop de questions non plus. Juste du plaisir.

On est un petit con, on appellera ça de la bouffe, du jaja, un bouquin, une croûte.

Du point de vue d’un jeune de 21 ans, paumé comme tout les jeunes de 21 ans et qui s’est trouvé une passion il y a quelques mois pour le vin, qui s’est retrouvé chez un certain Plageoles y a quelques semaines. Et qui veut en parler, qui veut pas oublier ces petits moments. Qui mêle tout ça avec ses souvenirs de premiers voyages. De Santorin à la Toscane, en passant par Lyon.

Le lent récit d’une longue découverte.

Je doute de la clarté, présente et à venir, de tout ça. Ca tombe bien, je doute que grand monde lise tout ça. Comment on tombe par hasard sur un blog en 2019? Ca ne m’est jamais arrivé, vous m’expliquerez.

La bise

« C’est trop bien »